Dans l’atelier des poètes


Cette semaine, Pierre Chappuis, Claire Genoux et Mary-Laure Zoss livrent les premiers textes pour leur résidence virtuelle.

 

D’emblée, les trois poètes prennent leurs marques, ouvrent un espace de contact avec les lecteurs. Mais lequel exactement ? Par des photographies, Claire Genoux nous fait entrer dans sa chambre d’écriture. Nous y devinons des cahiers de notes, des journaux peut-être, des livres aimés, des cartes postales, des citations épinglées aux murs et une bouillotte pour réchauffer les pieds. La résidence commence par les épreuves du prochain recueil, il faut relire Orpheline, ce qui a été écrit sur la mort, savoir d’où tout cela vient et comment cela remonte.

Pierre Chappuis reste quant à lui sceptique : peut-on vraiment ouvrir son atelier ? Ne faut-il pas garder un peu de distance pour que le lecteur s’y retrouve ? L’auteur doit-il agir comme Tapiès, faire semblant de ne pas être observé par une caméra (ou des lecteurs virtuels), ou comme Ponge, qui désigne l’artifice de l’enregistrement ? Après une ouverture sur le principe de la résidence, les notes de Pierre Chappuis traitent aussi bien de la présentation de soi, que des choix formels ou encore du rapport aux étrangers en Suisse ; du monde et de l’écriture, en somme.

« Un torchon de papier journal pour enflammer trois brindilles de frêne », c’est ainsi que Mary-Laure Zoss allume le feu dans sa résidence, en contemplant ces journées d’automne. Aussitôt apparaît la paroi du dire, « si difficile d’être juste ; se sentir quitte », une exigence, une éthique.

Ainsi, trois mondes s’ouvrent aux lecteurs, qu’il est possible d’arpenter : bienvenue dans les résidences virtuelles de trois poètes contemporains.

A. R.