Archives publications 2015

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titreauteuréditiondate de publicationsiteannonce
ToucanPatrice DuretL'Atelier du Grand Tétras
Collection Glyphes
décembre 2015L'Atelier du Grand TétrasDans ce poèmes, les animaux, sous forme primitive, archétypale, servent notre monde intérieur brut.
Accepter leur influence sauvage permet nos transformations.
DérouteMélanie MeystreEditions Samizdatnovembre 2015Editions SamizdatTout au long de ces textes brefs écrits à la troisième personne du singulier et au présent, Mélanie Meystre saisit quelques souvenirs d’une petite fille attentive au monde qu’elle découvre et les noue à certains moments forts d’une jeune femme encore proche de l’enfance.
Des flashes montent de la mémoire. Une voix nette, un peu sèche les décrit. Chaque instantané s’ancre dans un lieu précis, récurrent, lié à des sensations plutôt qu’à des sentiments : tous les sens y participent, avec réticence ou
– plus rarement – gourmandise.
Proche de la langue parlée, le style est direct ; chaque détail compte, mais pas un mot de trop ; évident, le sens du rythme et de l’ellipse.
Entre la petite enfance effervescente et ce temps de l’écriture, Mélanie a jonglé, marché sur un fil, affronté le vide et le vertige du chapiteau. Temps du corps. Voix suspendue.
Dans l’écriture d’aujourd’hui, la même prise de risque. Et maintenant elle avance, légère, sur le fil du langage.
Claire Krähenbühl
Pierrette Micheloud, une mémoire poétiqueClaudine GaetziGalerie La Grenette (Sion)novembre 2015Galerie la GrenetteCatalogue de l'exposition du Centenaire de Pierrette Micheloud à La Grenette à Sion.
56 pages avec de nombreuses illustrations dont la reproduction de 12 tableaux en couleur.
En vente à la galerie La Grenette.

L'exposition est à voir jusqu'au 20 décembre 2015.
Poèmes pour EdméePierrette MicheloudEditions d'Orzens (Lutry)novembre 2015Fondation Pierrette MicheloudUn ouvrage pour bibliophiles avec des poèmes inédits de Pierrette Micheloud et 2 gravures originales d'Armand C. Desarzens.
Ils étaient six ou sept, nés d’octobrePierrine PogetEditions Samizdatautomne 2015Editions SamizdatPoèmes de Pierrine Poget
Un livre de 64 pages au format 14 x18 cm
tiré à 300 exemplaires sur les presses
de l’imprimerie Valoffset à Couvet
avec le soutien de la Ville de Genève

Courts à l’extrême, les textes de Pierrine Poget ne sont ni des haïkus (ils ne cherchent pas à capter l’instant), ni des aphorismes (ils n’ont rien de sentencieux). Qu’est-ce donc qui les caractérise ?

Le jeune auteur Daniel Vuataz, évoquant la première publication de Pierrine, C’était le mois de taille (Editions des Sables, 2013), qualifiait ce recueil d’« essentiellement narratif », fait « rare pour la poésie. »

Ils étaient six ou sept, nés d’octobre creuse la même veine. Entre le poème bref et la minuscule nouvelle, ils ouvrent chacun sur un chapitre non écrit à découvrir soi-même, un continent à explorer, si ce n’est un abîme.

Lors d’un entretien avec l’écrivaine Sylviane Dupuis, son interlocutrice dans l’aventure « Parrains & poulains », Pierrine disait de son expérience d’écriture: Il faudrait si possible que le poème n’ajoute rien à ces choses de trop qui existent déjà, tout en les prenant en compte.

Pierrine a tenu parole avec ce livre dont chaque nouvelle version, au cours des mois, nous est parvenue plus épurée, plus concentrée, écrivant comme les artistes qui pratiquent l’art de la réserve, ménageant à la gomme de grandes zones blanches au coeur de l’oeuvre.
Derniers Poèmes (2003-2006)Pierrette MicheloudLe Miel de l'Ours
Coll. Les Cahiers Poétiques
novembre 2015Le Miel de l'OursAprès une année sabbatique,
Le Miel de l'Ours sort en ce début novembre :
Les Derniers poèmes de Pierrette Micheloud,
41e recueil des éditions.

Ce petit livre parait pour le 100e anniversaire
de la naissance de Pierrette Micheloud.

Le vernissage aura lieu à Sion, le 7 novembre,
à la Galerie La Grenette, dans le cadre d'une exposition
consacrée à la poétesse et organisée par
la Fondation Pierrette Micheloud
Poèmes du ZodiaquePierrette MicheloudBK Editionsoctobre 2015Fondation Pierrette MicheloudPoème et dessins inédits
Préface de Sylvestre Clancier
Le samovarDaniil HarmsHeros-Limiteoctobre 2015Heros-LimiteAu paroxysme d’une époque de terreur (les années 30 en Russie), Harms publie un grand nombre de comptines et poèmes pour enfants dans diverses revues destinées à la jeunesse. Ces textes seront à peu près les seuls, du vivant de l’auteur, à échapper à la censure officielle.

Dans ces petites proses, le poète pousse néanmoins à son terme les thèmes et principes chers à l’avant-garde russe : autonomie de l’art, humour noir, cruauté et indifférence face au sort de l’autre, impossibilité de la communication et éclatement de la vie. Dans ces poèmes, les lions sont pris pour des serins, à moins que ce ne soit l’inverse, des cochons dansent la polka dans un cirque loufoque où les représentations de mouches savantes le disputent à une succession de numéros extravagants.

Traduction: Eva Antonnikov
Illustrations: Marfa Indoukaeva
saltier grisonJack PerrotEditions Samizdatoctobre 2015Editions SamizdatDans son deuxième recueil, Jack Perrot va plus loin encore dans le brassage des langues, dans l’exploration d’un langage qui puisse rendre compte d’une expérience peu commune : nonante jours et nonante nuits vécus en osmose avec la nature, à travers les Grisons, dans des circonstances qu’il nous livre en un étonnant liminaire.

Alors que son premier livre, rue rost, nous révélait la géographie sauvage et improbable d’une ville (où la vie végétale il est vrai surgissait de partout), Jack-le-grisonnant, dans saltier grison, se confond avec les feuilles, le roc, la terre, hantant forêts et hameaux, revenant des années plus tard sur cette traversée et nous entraînant à sa suite dans une sorte de corps-à corps avec un paysage, un pays, une histoire, une culture, une langue (menacée).
Denise Mützenberg
ArianaBenoît Damon Heros-Limiteoctobre 2015Heros-LimiteQuatre saisons. Des poèmes au jour le jour. Quelques nuits en complément. Passant du lyrisme retenu à l’ironie, Benoît Damon poursuit une méditation sur le temps et la finitude. Les journées sont la mesure définie par l’exigence poétique. Les lieux reviennent. Entraîné par l’urgence de résister à l’appel du «Bonhomme Néant» autant qu’à «la danse macabre demain» et à la force d’attraction du silence, l’auteur interroge les êtres, le monde alentour tels qu’ils vont.

Discrets au début du recueil, le parc et le musée Ariana vont exercer un attrait grandissant; au fil des pages, ils deviennent des lieux d’ancrage, mais aussi des lieux de rencontres : tantôt avec certains habitués du parc, tantôt avec certaines pièces exposées dans les galeries du musée où Benoît Damon prend l’habitude de déambuler quotidiennement.

Découverte, approfondissement des lieux par une fréquentation assidue: rencontres entre les vifs et les morts, les arts et les cultures, le passé et le présent. Benoît Damon se surprend à parler aux inconnus sur le chemin ou à dialoguer avec les contemporains qui l’auront accompagné durant une année ou plus : et l’on retrouve des poètes aussi divers que Perse, Eliot, Cummings ou Stevens, Vallejo ou Heraud, Su Dongpo et Ryokan, Ronsard, Ponge et Queneau «qui aimait bien marcher les pieds dans l’eau», ou encore Brautigan et son chapeau.
Gustave Roud, la plume et le regardPhilippe Kaenel et Daniel Maggetti (dir.)Infoliooctobre 2015InfolioLe poète Gustave Roud (1897-1976) a été un acteur culturel et artistique majeur de Suisse romande. Il fut un proche de Ramuz, Maurice Chappaz, Philippe Jaccottet, Jacques Chessex. Son activité déborde le strict cadre de la poésie. Son nom reste attaché à la traduction des romantiques allemands (Novalis, Hölderlin, Rilke), à la critique littéraire et artistique, et il a pratiqué la photographie en quasi professionnel. Comme l’écriture, elle fut un moyen de capturer son rêve d’un paradis sur Terre.
Terrains vagues: proses et poèmesJérôme MeizozL'Age d'Homme (Poche suisse)octobre 2015L'Âge d'Homme"Terrains vagues" a obtenu le Prix Loterie romande - AVE en 2009. La collection anthologique "Poche suisse" propose une réédition, augmentée de plusieurs textes inédits, de ce recueil.
Chez Gustave Roud : une demeure en poésieAnne-Frédérique (dir.), G. Borgeaud, Ph. Jaccottet, A. Rodriguez, P.-A. Tâche ; Photographies : Ph. Pache, G. RoudInfolio1er octobre 2015InfolioPendant presque 70 ans, l’écrivain et photographe Gustave Roud a vécu dans une ferme bourgeoise de Carrouge dans le Jorat vaudois. Cette demeure reste un lieu incontournable pour comprendre les liens et les amitiés en poésie. La maison accueille de nombreux jeunes poètes de l’après-guerre, leur laissant un souvenir saisissant. Elle représente un lieu exceptionnel de rencontre mais aussi d’écriture que Gustave Roud a mis en scène et photographié.
Ce livre rassemble les photographies réalisées par Philippe Pache avant les travaux de rénovation de la maison, ainsi que les clichés pris par Gustave Roud de son espace de vie et de travail. Les récits de Philippe Jaccottet, Georges Borgeaud et Pierre-Alain Tâche viennent rappeler le moment envoûtant de la visite à l’auteur. Entrer dans cette demeure, c’est parcourir des lieux où rayonne encore l’intensité de la poésie.
AruèAnthologieSamizdatseptembre 2015SamizdatAruè, Poesia Valladra est une anthologie bilingue français-romanche rassemblant des poèmes écrits par 28 auteurs des XXe et XXIe siècles, originaires de Basse-Engadine et du Val Müstair. Une dizaine de traducteurs, souvent en collaboration avec les auteurs, ont contribué à cet ouvrage.

Préface d’Annetta Ganzoni, docteur ès lettres aux Archives littéraires suisses à Berne
Trauction de Walter Rosselli
Peinture de Jacques Guidon
Le Panama ou les aventures de mes sept onclesBlaise CendrarsFata Morganaseptembre 2015Fata Morgana“A Raymone, ce poème que l’on croit être le dernier en son genre et qui est le premier d’un art nouveau” : cette dédicace dit l’importance majeure que Blaise Cendrars accordait à ce long poème paru aux Éditions de la Sirène en 1918. Écrits en 1914 ces vers sont trempés d’une modernité exaltée à la charnière de deux siècles où la catastrophe boursière liée au scandale du Panama, point de départ de cette aventure, permet au jeune Cendrars de s’inventer une ascendance tragique et héroïque, d’établir un lien entre désastre économique et ascension poétique. Chez Cendrars aucune fin n’est fin, une fin est toujours une nouvelle naissance.

Nous donnons le fac simile de l’édition originale, avec la couverture dessinée par Dufy.
Un Bestiaire suisseAnthologieViceversa Littérature n°9septembre 2015ViceversaViceversa Littérature est une revue annuelle dédiée à la littérature suisse, parue pour la première fois en mai 2007. Publiée en français (Lausanne, Editions d'en bas), en italien (Bellinzona, Edizioni Casagrande) et en allemand (Zürich, Rotpunktverlag), dans trois volumes distincts, elle est née de l'expérience de la revue Feuxcroisés et a pour vocation de stimuler les échanges littéraires par-delà les frontières linguistiques.
Avec mon destin bras-dessus, bras-dessousBertrand BaumannL'Aireaoût 2015L'AireNé en 1941, habitant près de Fribourg depuis 1973, Bertrand Baumann a enseigné le français à des jeunes adultes venant de tous les pays du monde. Depuis sa retraite, il s’est réapproprié sa langue pour son usage personnel, lisant, écrivant, traduisant, enregistrant des textes pour ceux qui ne peuvent lire des yeux et, ces dernières années, interprétant des rôles de théâtre. Il a publié en 2013 aux Editions de L’Aire, sous le titre Ecrit dans le vent, des textes courts, des « notules » en marge de sa vie. Ce sont des instantanés au sujet des gens, des chats, des arbres…, de textes lus, de paysages vus, de sentiments et de réflexions advenus au fil des jours.
Les poèmes que voici ont vu le jour parallèlement aux textes en prose. Certains sont des instantanés, d’autres reprennent et condensent plusieurs moments, des émotions répétées. Son souhait serait qu’on puisse leur appliquer ce que Raymond Delley écrivait à propos du recueil Ecrit dans le vent : … Le beau projet de vouloir « retenir un peu la vie » était en fi n de compte possible, à condition que le livre dans lequel il se réalisait nous vienne « sans rien qui pèse ou qui pose », comme en passant : qu’il soit « écrit dans le vent ».
Un jour de plus à aimer Monique Saint-juliaL'Airejuillet 2015L'AireMonique Saint-Julia, poète et peintre née en Roussillon, vit à Revel, en Lauragais. Elle est publiée une première fois dans Entretiens sur les “Lettres et les Arts“ de Jean Subervie et Jean Digot, en 1958, puis de nouveau en 1960 et 1962. Au fil des ans ses poésies ont paru dans des revues poétiques telles Acilece, Texture, Arpa, Friches, Multiples, Insulaires, Thauma, Lieux d’Etre, Diérèse, Les hommes sans Epaules, Rue Ventura, Voix d’encre, Les Citadelles... Tant d’allers et venues de saisons laissées devant la porte s’ébrouant, s’endormant ventre au soleil comme un chien et de toutes ces simagrées de pluies mélopées à attendrir le coeur du plus dur des hommes ne restent que quelques nuages dans l’abandon d’un ciel hivernal.
Avec mon destin, bras dessus bras dessousBertrand BaumannL'Airejuillet 2015L'AireNé en 1941, habitant près de Fribourg depuis 1973, Bertrand Baumann a enseigné le français à des jeunes adultes venant de tous les pays du monde. Depuis sa retraite, il s’est réapproprié sa langue pour son usage personnel, lisant, écrivant, traduisant, enregistrant des textes pour ceux qui ne peuvent lire des yeux et, ces dernières années, interprétant des rôles de théâtre. Il a publié en 2013 aux Editions de L’Aire, sous le titre Ecrit dans le vent, des textes courts, des « notules » en marge de sa vie. Ce sont des instantanés au sujet des gens, des chats, des arbres…, de textes lus, de paysages vus, de sentiments et de réfl exions advenus au fi l des jours. Les poèmes que voici ont vu le jour parallèlement aux textes en prose. Certains sont des instantanés, d’autres reprennent et condensent plusieurs moments, des émotions répétées. Son souhait serait qu’on puisse leur appliquer ce que Raymond Delley écrivait à propos du recueil "Ecrit dans le vent" : … Le beau projet de vouloir « retenir un peu la vie » était en fi n de compte possible, à condition que le livre dans lequel il se réalisait nous vienne « sans rien qui pèse ou qui pose », comme en passant : qu’il soit « écrit dans le vent ».
Aube douceMarie-France JavetL'Airejuillet 2015L'Aire« En prose ou en poésie, j’ai voulu visiter des plages, celles des saisons, lumineuses parfois, le plus souvent douloureuses. J’ai voulu partager les paysages et les émotions, celles, surtout, que l’on garde au plus profond de soi. J’ai voulu murmurer les larmes, les couleurs, les souvenirs. J’ai voulu dire la vie, j’ai dû entrevoir la mort. » Marie-France Javet est née à Paris de mère française et de père suisse. Cette double nationalité est très importante pour elle, se sachant redevable de ces deux cultures, également chères à son coeur. Les lettres classiques ont bercé sa jeunesse à Neuchâtel où elle les a enseignées, tout comme la musique vocale qu’elle a pratiquée avec ferveur, que ce soit la musique baroque, les lieder, l’opéra avec Le Devin du village de Rousseau dont elle a tenu le rôle de Colette, ou encore Cosi fan tutte de Mozart où elle y interprétait le rôle de Dora Bella. Elle a publié deux livres de poèmes aux éditions de la Vieille Presse : Terres marines et A coeur entrouvert, ainsi qu’une plaquette peinture-poésie, Sur tous les tons en collaboration avec son amie Béatrice Zumwald. Elle est actuellement lectrice à la Bibliothèque Sonore Romande de Lausanne (BSR). "Aube douce" est son quatrième ouvrage. Marie-France Javet
Traces de PlumeBarbara LanthemannMonographicjuin 2015MonographicPoèmes inspirés par un regard, un sourire, des rencontres. Des lignes légères, précises, d'une clarté immédiate.
Prose, poésie et paroles de chansons d’Alix Wolf, sous la plume de Barbara Lanthemann. Textes où l’on découvre une géographie intérieure, dans un style moderne, souvenirs et espoirs se mêlent dans une histoire sans fin.
La liberté de ton et le bonheur de vivre exprimés dans ces textes sensuels sont un bel atout pour la nouvelle littérature valaisanne.
Livre illustré par Céline Favre
NouaisonSilvia HärriBernard Campicheprintemps 2015Bernard Campiche
Malgré la neigeJulie DelaloyeCheyne Editeur2015Cheyne EditeurRien de sûr ici, sinon le fer,

sinon qu’il prie, capable, lui

seul, d’ouvrir aux loups

un chemin de rosée.
Dans ma vie de renardeLeta Senadi, Denise Mützenberg (trad.)Editions Samizdatjuin 2015Editions Samizdat
Poèmes électriquesAram Saroyan, Martin Richet (trad.)Editions Héros-Limitejuin 2015Editions Héros-Limite
Big bang EuropaAntonio RodriguezEditions TarabusteJuin 2015Editions TarabusteBig bang Europa
Un couple fuit en forêt, poursuivi par des meutes de chiens et d’hommes. La brume enveloppe comme l'haleine du continent. On s’échappe, on survit. C'est une guerre qui monte.
Que reste-t-il de l'Europe ? Un peu de souffle à partager, des images intimes, des rythmes intimes, tout près d’un continent poétique, forcément politique, avec des bêtes lyriques qui se refroidissent et subitement se réchauffent. Tout est presque éteint et, pourtant, quelque chose émerveille encore. Happy end ?

En Suisse, l'ouvrage peut se trouver principalement dans les librairies Payot ou sur Amazon
Voler le bec ouvertBéatrice Corti-DalphinSamizdatjuin 2015Editions Samizdat« J’ai fait un rêve : je flottais au-dessus des toits des maisons, au
niveau des nuages… et, en regardant vers le bas, j’ai vu, ici et là, de
magnifiques tuiles neuves bien épaisses et lisses qui brillaient au soleil.
Une terre cuite bien nourrie. Certaines étaient gravées de caractères
cunéiformes, une écriture inconnue de moi. D’autres tuiles étaient
vierges de toute écriture.
C’est alors que, sur la gauche, j’ai pris conscience de la présence de petits
lutins de contes de fées coiffés de bonnets pointus rouges. Allaient-ils
m’aider, mine de rien ?
J’allais pouvoir déchiffrer quelques tuiles, et peut-être écrire sur
certaines les pages de mon futur livre ?
L’entreprise me paraissait hasardeuse, voire impossible.
J’ai quand même essayé. »
écrit l’auteure en préambule.

Donc pas étonnant que ce livre soit présenté comme un essai.
Pourquoi pas ?
« Entreprise impossible » ?
Qu’importe ! L’impossible fascine Béatrice.
Elle aime « aventurer la vie », marcher à reculons au-dessus du
vide, s’égarer dans des banlieues du bout du monde, jouer avec le
feu, le vertige, le thé, ah ! le thé, les mots, oh ! les mots, et ce qui
brûle au creuset de l’écriture :
– J’ai composé ce petit livre dans un état de jubilation, nous confie-telle.
Je me suis bien amusée…

C’est à trembler, à savourer, à rire (comme elle a ri toute seule,
parfois, en écrivant) que nous sommes invités ici. A déchiffrer sur
des tuiles rouges des écritures inconnues.
Et même à voler. Le bec ouvert. A voler. Oui !
D. Mützenberg
CryptogrammesLaurence VerreyLe Cadratin2015Le CadratinAutant art que technique, le cryptogramme relie celui qui l’émet à celui qui le reçoit par un code graphique connu d’eux seuls, véritable sésame pour déchiffrer un écrit secret. Et c’est bien cet inestimable privilège du partage de l’intimité de la pensée que nous offre Laurence Verrey avec ses cryptogrammes tracés à l’encre des peurs enfouies et des espoirs encore en vie au plus profond de nous.
Bien davantage qu’un recueil et qu’un récit, voilà un ouvrage où bat le cœur des mots, où les subtiles dispersions d’encres sépia, Sienne naturelle et sanguine travaillées au papier de soie, agissent comme un terreau nourricier, un sol fertile dissimulant et révélant tour à tour des bribes de la pensée. Et tout de suite, l’œil se surprend à se prendre au jeu. Il cherche, il quête, il enquête à la poursuite du sens en sollicitant celui de la vue pour débusquer celui de la vie.
Comme un fil d’Ariane cheminant entre les cryptogrammes, le texte qui les relie et les accompagne finit par dessiner lui-même des images métaphoriques colorées par les nuances poétiques : les « ailes du vertige », les « serrures du temps » et un « lit-soleil » invitent le lecteur à s’abandonner à la précieuse et totale liberté d’en interpréter le sens à sa guise. Souvent animé d’un mouvement circulaire, le dessin nous apparaît parfois comme une lettrine majuscule, une initiale prête à faire de nous des initiés.
Chacun y trouvera son compte et nulle contrainte ne pèsera sur sa lecture. D’un seul trait ou au contraire par petites séquences espacées, elle en fera de chacun de nous un promeneur curieux cheminant sur la ligne sinueuse des lisières du réel et de l’imaginaire, des mots et des sensations, de l’esprit et de la lettre. Avec subtilité et parcimonie, Laurence Verrey nous laisse lire ça et là aisément un mot, parfois même un bout de phrase et cela suffit pour nous entrainer dans le gouffre éblouissant de la pensée et dans le déploiement à l’infini de l’horizon de la réflexion.
(Thierry Scherrer, rédacteur du Cadratin)
Lyrisme et dissonanceFrançois DebluëEmpreintesavril 2015EmpreintesLe titre de ce livre pourrait faire penser à un essai érudit, à propos de notions abstraites : il n’en est rien ! Ouvrage singulier, inclassable, Lyrisme et dissonance est constitué de réflexions, d’aphorismes, de notes, de courtes anecdotes (souvent drôles), de brefs récits et d’évocations, dont le titre indique les deux pôles entre lesquels balance notre rapport au monde: une expérience que nous faisons tous. Poète, prosateur, auteur du poème de la Fête des Vignerons de 1999, François Debluë livre ici le journal d’un homme passionné par la musique et la peinture, par la littérature, évidemment, qu’il a enseignée durant des décennies. Il est rare de pouvoir pénétrer, d’aussi près, le cheminement intellectuel et spirituel d’un artiste qui dit ses doutes, ses questionnements et ses provisoires certitudes, sinon ses espérances. Véritable aventure de lecture, ce livre renouvelle nos façons de voir le monde, nous déplace, et nous fait mieux comprendre qui nous sommes. Alain Rochat
ExtravagancesSilvia HärriEmpreintesavril 2015EmpreintesQui n’a pas observé, dans le train ou le bus, tel voyageur se limant les ongles, tel autre pianotant sur son portable? Une de nos expériences la mieux partagée est sans doute d’attendre notre tour à un guichet, avec, suivant l’humeur, un regard amusé ou un agacement croissant… Vivement la liberté du voyage, pour s’éloigner de ces «autres» imposés et pesants, pour trouver en de furtifs nouveaux visages un apaisement ! Expériences triviales et communes : il faut le regard d’une poète pour saisir mieux ce qui se joue dans ces relations aléatoires et quotidiennes (au vrai, à peine « relations »). «Réseaux», «Attentes», «Bornes», trois parties pour dire ces Extravagances, c’est-à-dire cette manière d’aller ça et là, à l’aventure, loin du chemin. Dans une langue fine et claire, soit en prose, soit en vers, Silvia Härri fait le portrait de ces «frères humains» qui nous tendent peut-être un miroir. La dernière partie évoque les paysages minéraux et solaires du sud, avec une présence humaine réduite à quelques traces, comme si, finalement, le monde, dans son écrasante beauté, pouvait se passer de nous. Alors on se met à aimer cette présense-absence des autres croisés sur notre route. Alain Rochat
L'invention de la légèretéMira WladirEmpreintesavril 2015EmpreintesMira Wladir terminait L’exil des renards, en 2011, par ce vers, « et le jardin pour être libre ». Elle part aujourd’hui du jardin pour aller vers la forêt et connaître ce qu’est le monde: ce sont les trois moments d’un parcours pour inventer – donc découvrir – «des rhizomes // en nous », soit ce qui est le plus intime, le plus incon- nu. Pour éviter de ne retenir que « le cœur noir des choses » , il faut explorer ce que les songes construisent ; grâce à eux, passé et futur se confondent et c’est hors du temps compté que l’on apprend son propre corps, le corps de l’autre, que l’on prononce des noms, « le tien nôtre ». Que l’on comprend ce qu’est « le corps de la terre » : les passages pour rejoindre enfin le monde, c’est-à-dire l’autre, s’effectuent en imaginant la floraison de tout arbre rencontré, en accompagnant celle de toutes les fleurs – œillet, tulipe, rose, pissenlit, jonquille –, symbole de la vie, présente et sans cesse renaissante. On lit L’invention de la légèreté comme un récit d’initiation, dans lequel les forces de vie triomphent avec le mot liesse dans le poème final, qui est une ouverture par ses derniers vers: « et l’audace / ama- rante ». Tristan Hordé
Poèmes pour quand j'aurai 18 ansSylvain Thévoz Samizdatavril 2015Editions SamizdatUn recueil de poésie qui parle du passage à l’âge adulte, de la poursuite de l’adolescence dans cette période; des brisures et complications de l’adolescence mais écrit à distance, en mélangeant souvenirs et projections, le poids des mots et la légèreté d’une insouciance. Il n’est pas nostalgique. Il n’évoque pas une période révolue ; comme son nom l’indique il est en même temps un devenir, une création, vive, rêche, révoltée, dynamisant la langue. Il raconte l’indicible et le pulsionnel, par poèmes courts et denses et cherche dans le langage une manière de dire, nommer, et affirmer fort ce qui se murmure tout bas est reste de l’ordre du non-dit. Sylvain Thévoz
Un ciel provisoirePrisca Augustoni Samizdatavril 2015Editions SamizdatIl plane dans les poèmes et les proses poétiques d’Un Ciel provisoire une menace sourde. (...) Aucune voie de salut, pas d’espoir de vie éternelle ou de protection par une divinité tutélaire bienveillante. Le ciel ne peut être autre chose que provisoire et le paradis à jamais perdu . Silvia Härri
I dolci di Baghdad. Les douceurs de BagdadDaniele Morresi, Luc Hamzavi (trad.)Samizdatmars 2015Editions SamizdatUn jour, Sabah Salman Al-Basri, professeur à l’Ecole Internationale de Genève, rapporte d’un voyage en Irak - son pays - des friandises qu’il offre à son collègue Daniele Morresi. Or, Daniele est poète. Et la douceur du sucre dans son palais se mêle à l’amertume des images de guerre. Quelques mots lui viennent qu’il met sur le papier dans sa langue maternelle: Che sapore hanno i dolci di Baghdad? / Quel goût ont les douceurs de Bagdad ? D’autres textes suivent. Tout un recueil. Qu’un troisième enseignant de la même école, Luc Hamzavi, traduira de l’italien en français, deux langues qu’il maîtrise, outre le persan. C’est ce recueil que les Editions Samizdat ont la joie de publier ce printemps en version bilingue. Il est illustré par Sabah Salman Al-Basri. Comme de juste ! Une belle histoire d’amitié. Denise Mützenberg
L'EmaciéAlexandre Caldara Samizdatmars 2015Editions SamizdatA la frontière de plus en plus poreuse qui sépare la prose et la poésie, ce « roman » singulier nous fait entrer dans la vie d’un être fragile et multiple, exilé en terre romande, qui nous rejoint dans nos failles et nos quêtes. Livre d’un homme diablement cultivé, mais à l’écriture humble et proche, aventureuse : L’émacié habite un village. Il parle peu. Les enfants du bled avec leurs sacs à dos orange remplis de manuels scolaires aiment voir les habits noirs de l’émacié. Son enveloppe, son armure. L’émacié loge sur une colline. Lorsqu’il passe sous le tunnel des pollutions les enfants disent: «Regarde la grande coulure.» Denise Mützenberg
Une réponse sans fin tentéePierre-Alain Tâche L'Atelier contemporainmars 2015R-diffusionPeinture et poésie ont toujours eu partie liée. Un poète nous dit ici ce que l’art représente pour lui, ce qu’il lui apporte, ce qu’il lui refuse. L’auteur fait aussi écho à la fascination exercée par les œuvres de quatre peintres : Jean-Paul Berger, Miklos Bokor, Claude Garache et Alexandre Hollan. Les textes ou les poèmes qu’il leur consacre constituent une réponse sans fin tentée aux interrogations, mais aussi aux émotions qu’elles n’ont pas manqué de susciter, dans la proximité de l’expérience poétique. Une lecture de deux tableaux d’un autre siècle, l’un de Charles Gleyre, l’autre d’Émile David, et une réflexion sur l’art contemporain complètent le présent ouvrage. Elles en cernent la raison d’être et les enjeux.
L'Ombre d'HélènePierre-Alain Tâche Zoémars 2015Editions ZoéL’Ombre d’Hélène est une minutieuse élucidation du cheminement créatif lié à la relation incessante de Pierre-Alain Tâche à Hélène, personnage romanesque de Pierre Jean Jouve qu’il admire passionnément. Au fil d’un texte à la fois introspectif et manifeste poétique, l’essayiste parcourt les étapes qui ont scandé ses échanges avec cet être imaginaire : sont examinés tour à tour son lieu d’origine, son statut sexué, sa dimension mythique, son existence comme métaphore de l’écriture poétique. Enfin, Tâche ne pouvait que ponctuer son ouvrage par une invitation à la découverte de ses derniers poèmes appelés par la figure sacrée d’Hélène. Le recueil La fausse Morte se lit avec bonheur, en écho avec l’essai foisonnant qui précède.
La Bague de LumnieClaire Krähenbühl, Gisèle PoncetSamizdatmars 2015Editions SamizdatCe livre est le fruit d’une rencontre entre deux créatrices, l’une artiste, l’autre poète. S’ensuit un échange épistolaire intense : enveloppes joueuses, lettres, images, dessins. De cette correspondance au long cours naîtra La Bague de Lumnie. On peut dire que chacune est maîtresse de ce projet, auteure à part égale ; le livre n’existerait pas sans leur lien. Le processus créatif à deux se nourrit des aléas du quotidien : le livre, matière vivante, évolue, bifurque, se ramifie sans rien de prémédité. A travers ce dialogue sans balises une histoire s’est peu à peu révélée. Dès les premières pages, un motif court dans les veines du texte et les lignes dessinées : celui de la bague. D’abord image et métaphore – jeu de petites filles, anneau magique des contes – elle deviendra cet objet réel, le bijou offert par Lumnie, signe d’alliance engageant mystérieusement deux êtres séparés par la langue et la culture. Lumnie existe. Elle vit dans une ville du Kosovo et c’est elle qui donne son titre au livre. Sa présence est au coeur de l’histoire qui reste ouverte sur des questions sans réponse. Claire Krähenbühl
36 Poèmes en susBéatrice Bliznakov-Perrot Slatkinejanvier 2015SlatkineVotre recueil dont le rythme est tellement pur et fort… (Stéphane Hessel, Paris,25.11.2011) Cet extrait d’une lettre à l’auteur concerne le recueil intitulé Poèmes (Éditions Slatkine, 2009) auxquels font suite les 36 poèmes en sus. Béatrice Bliznakov-Perrot née en 1936 à Genève, après des études de russe et de piano vécut à Paris, à Moscou et dans différentes villes d’Allemagne où elle exerça des activités de concertiste et de pédagogue avant de rejoindre la Suisse en 1996.
Words and the StonePierrette Micheloud, traduit par Antonio d'AlfonsoEkstasis Editions2014D'autre part", target="_blank">D'autre partThere is an esoteric dimension in Pierre Micheloud’s poetry that reminds us of the alchemist’s quest. Esoteric, in most dictionaries, refers to the obscure, the abstruce, the impenetrable. But if we go back to the Greek origins of esô and esôterikos, the terms pertain to what comes from within, the secret within. What poetry is being written that does not rise from within one’s being, from within the world and cosmos? No wonder the four elements figure predominantly in her work. For many men and women alchemy consists of transforming lead concretely into gold. Micheloud stresses how alchemy is about truly changing the lead of consciousness (obscurity) and the gold of the light of this consciousness. Micheloud fashions private mythology into what unfolds the mysteries of the universe, by removing the barriers of time and space. If a poem points to some secret interior image (in other words, the esoteric), she bends meaning to include the sensitive reading of what can be accessible to anyone who is willing to take the time to dedicate her total attention to the work. […} She allows snow to fall like grace onto the white page. A tree quivers infinitesimally. A flower is sweet-smelling, a bird a musician. Micheloud lives in perfect symbiosis with nature, in which even a stone possesses a soul. ~ from the Afterword by Jean-Peirre Vallotton
Écrits du Valais, 1572-2014, une anthologieCollectifÉditions d'autre part2014D'autre partSoixante-huit auteurs valaisans se côtoient et souvent se répondent, s’enrichissent en proses, poèmes ou contes. Qu’ils soient bien vivants ou disparus, connus ou anonymes, francophones ou alémaniques, leur lecture nous offre un maillage serré et chamarré de l’expression littéraire de ce morceau de territoire particulièrement fécond, tant les plumes sont nombreuses et de qualité, entre glacier du Rhône et lac Léman.