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TitreAuteurEditionDate de publicationSiteAnnonce
Atemnot (souffle court)Marina SkalovaCheynedécembre 2016Cheyne Editeur le temps se gondole

comme ces cartons mouillés

où l'on range nos vies

les plie et les déplie
ceux-là qu'on mauditMary-Laure ZossFariodécembre 2016Editions FarioEt de quoi ça parle au fond ? Pour aller à l’essentiel, ces esquintés, ces reclus, ces demeurés n’ont pas encore essayé la parole ; elle, elle en perçoit le secours somme toute précaire, audacieux. Elle y va. Durement, âprement, parfois comme à reculons. La poésie de Mary-Laure Zoss, c’est ça : tenter de s’accrocher aux mots comme aux cris des buses qui tournoient dans les mélèzes, alors qu’on n’y voit pas grand chose, que tout semble définitivement gâché dans le fouillis des choses, dans la violence immédiate des êtres, dans l’insondable des visages ou des murs de roche, dans la vieille souillure des viscères.
Wila/OuilaRuth LoosliEditions Samizdatdécembre 2016Editions SamizdatChaque jour une nouvelle Ouila déboule dans la vie. Chaque jour neuve et pourtant toujours la même. Ouila a de nombreuses vies, de nombreux noms et beaucoup de talent.
Traduction par Camille Lüscher
Vers la cimeLaurence Verrey et Claire NicoleEditions Empreintesdécembre 2016Editions EmpreintesLe poème de Laurence Verrey remet les pendules à l'heure : non, malgré les atrocités du monde, non, malgré les usages dévoyés de la parole, le poète n'abdiquera pas. Puissante déclaration d'amour à la vie et à la poésie, Vers la cime
est un art poétique. Après Emergence d'Alexandre Voisard et Un voeu de silence, de François Debluë, Claire Nicole accompagne une fois encore un texte important, d'un poète qui s'engage. Alain Rochat
Un territoire, une rivière. Ni homme ni bêtesThomas Brasey, texte d'Yves PetignatBSN Pressdécembre 2016BSN PressDans "Un territoire, une rivière. Ni hommes ni bêtes." Thomas Brasey explore une zone frontalière entre la Suisse et la France. La région semble avoir été désertée. Quelques routes, quelques bâtisses, quelques aménagements au bord d’une rivière, le Doubs : les traces de l’activité humaine sont englouties par la masse oppressante du végétal. Réduite à quelques signes dérisoires, la frontière, sujet d’ordinaire si brûlant, devient ici une idée fugace, artificielle, insignifiante.
Vers un matin de bonheurClaude GuillaumeL'Age d'Homme17.12.2016Editions L'Age d'HommeSimple et complexe, claire et profonde, la poésie de Claude Guillaume est à son image, ambivalente, tourmentée. Elle porte tous les stigmates de sa vie tragique, que ses images, ses rythmes, sa langue si souvent mélodieuse, s'efforcent de traduire en les adoucissant.
Avec la connivence des embrunsFrançoise MattheyEditions Empreintesnovembre 2016Editions EmpreintesUne île bretonne, rocheuse, sauvage, vivante, est au centre de ce nouveau recueil de Françoise Matthey. Une île, c’est un concentré de beauté terrestre dans l’immensité marine, sous l’amplitude du ciel ; toujours en train de parfaire sa beauté par le moins : les vents l’aiguisent, la mer avec ressac et marée la tient dans la rigueur de son mouvement perpétuel, le soleil met tout en lumière, failles et fissures comprises, les rochers millénaires se taillent sans cesse, selon une vaste dramaturgie cosmique. Son aura, elle, est légère, faite de sel, d’écume, d’embruns, de cris d’oiseaux. La poésie, à l’image de l’île, est décantation, ascèse, chemin vers la nudité de l’être, en quête de l’essentiel du vivre et du mourir. D’où, dans les poèmes de Françoise Matthey, ces élans vers le bref, le peu, le moins : elle dit les perceptions au plus juste, au plus sobre, elle efface le je pour mieux interroger le monde, elle capte les ruptures et les harmonies, elle se plie au souffle et au rythme des vents, de l’eau. Ce faisant, elle découvre la mesure humaine, le temps suspendu, « l’irruption de la joie singulière ». Doris Jakubec
La grenouille sur son nénupharPatrice MugnyEditions Encre fraîchenovembre 2016Editions Encre fraîcheVoici une invitation à cheminer de l’ombre à la lumière ou l’inverse. Cette voix, par ce qu’elle est sans en avoir l’air, légère et profonde, habillée de tendresse, de révolte aussi, d’abandon et d’extrême attention, se tient à l’orée de l’être avec humilité. Une belle traversée vers laquelle on revient l’air de rien.
Le verbe froisséDominique RoulinEditions des Sablesnovembre 2016Edition des SablesLe verbe froissé, coll. « Rose des sables » est constitué de poèmes inspirés par la solitude des grands espaces (l’auteur est guide de montagne), qui aide à se questionner et à questionner… Le recueil commence par une réflexion sur la poésie, « dernière insoumise ». Dans ses cycles, celle de Dominique Roulin est amoureuse, révoltée, amoureuse, à nouveau révoltée...
Le goût de la lecture suivi de petits riensVahé GodelL'Age d'Homme25 novembre 2016Editions L'Age d'HommeNé en 1931 à Genève, de père suisse et de mère arménienne, Vahé Godel est l'auteur de nombreux poèmes, de récits poétiques et d'essais. La présente édition rassemble deux recueils de poésie précédemment parus aux éditions Le Dé bleu.
A la croisée des bridesFrançoise MattheyEditions de l'Airenovembre 2016Les Editions de l'AireDans un pays de longue neige et de vents, « qui ne cesse/depuis des siècles/d’adhérer à la loi des chevaux », une voix s’élève, attentive et douce – et toujours d’une grande justesse. C’est l’occasion d’un recueil intense où il appartient à la poésie de faire le récit d’un don rare, d’une transmission, de dire la passion qu’inspire et nourrit une jument au « regard noisette », qui finira par s’en aller, emportant avec elle une fillette venue d’ailleurs, écorchée par la vie, mais qui aura pu, grâce à elle, renaître à la confiance « dans l’intuition d’un lien » promis à grandir et durer. Tout se sera passé « à la croisée des brides », au gré de chevauchées défiant la pâle mélancolie des saisons. Dans l’intervalle, la jument aura comme amoindri l’exil de la poétesse, l’ouvrant à l’usage de sa « nouvelle terre », l’aidant à délier « l’entrelacs des effrois ». Elle l’aura instruite aussi de ce qu’« être va plus loin », là « où bruit l’inaccompli », avant de la laisser délivrée « de tout achèvement ». Françoise Matthey nous offre ainsi ce que, dans l’élan d’une lecture heureuse, je tiens pour être, à ce jour, son livre le plus intimement accompli.
Pierre-Alain Tâche
Venise à main levéePierre-Alain TâcheLe Miel de l'Oursnovembre 2016Le Miel de l'OursPoèmes "sur le vif" mais ciselés autour d'une Venise contemporaine :
paysages et personnages en relief et décalés.
ClousAgota KristofEditions ZOEoctobre 2016Editions ZOEprès les trois romans de sa trilogie, Le Grand Cahier, La Preuve, Le Troisième mensonge, son dernier roman Hier, ses nouvelles C’est égal et son récit autobiographique L’Analphabète, nous pouvons lire aujourd’hui les poèmes d’Agota Kristof (1935-2011). Peu avant sa mort, elle les avait sortis de ses archives pour qu’ils soient édités.
Clous rassemblent les poèmes hongrois de jeunesse dont elle a intensément regretté la disparition au moment de quitter la Hongrie en 1956. Elle les a reconstitués de mémoire, en a ajouté de nouveaux, a choisi leur titre français mais ne les a pas traduits. Source d’inspiration de plusieurs proses, les poèmes sont restés inédits.
Ce livre bilingue constitue leur édition originale en hongrois et leur première traduction en français. Ils sont accompagnés de quelques poèmes écrits directement en français. On y retrouve le style tranchant d’Agota Kristof, ses thèmes, la perte, l’éloignement et la mort, mais aussi, largement déployés, la nature et l’amour.
Traduction des poèmes hongrois par Maria Maïla.
FHLaurent CennamoEditions Samizdatoctobre 2016Editions SamizdatDe la poésie de Laurent Cennamo, le critique Jean-Paul Gavard Perret disait en 2014 : « Elle crée des émotions lancinantes voire une forme de sidération par les interrogations qu’elle suscite ».

Avec FH, Laurent Cennamo continue donc de nous sidérer : « La pelle mécanique FH (Fiat et Hitachi), sache – écrit-il – que c’est le poème qu’elle creuse, la nuit transparente du poème ». Nous voici donc prévenus. Guettons d’autres présences sous la pelle « immobile cachée derrière les rideaux du temps » (orange ?) et laissons-nous désarçonner par ce vif « joueur du FC Bâle » à qui est dédiée la seconde partie du recueil. Avant de découvrir dans « La neige au-dessus des mots » une ardente méditation sur la poésie où « la ligne du Petit Salève » dialogue avec les fresques de Giotto.

Jusqu’à cette affirmation qui touche en plein cœur tout lecteur passionné : « Le livre ne devra être rien d’autre que le fragile récipient où l’on brise les mots avec amour, patience, à l’image de ces petits bols en terre cuite dans lesquels le peintre ancien écrase les pigments… »
Terre perdueLeonel Plazas MendietasEditions Samizdatoctobre 2016Editions SamizdatTerre perdue. Terra perduta.
Aucun doute : le titre le crie ou le murmure.
C’est un livre sur la perte : « Le potager de ma maison est détruit / ce doit être que ma mère est morte / La terre est noir minéral / L’ exil habite le visage de mon père / L’ enfant qui pleure dans mon cœur ce n’est pas moi … »
L’ enfance a disparu avec la mère. Œdipe est sans amante.
En deuil de Lilith, Adam se sent floué par Eve et par Dieu. Et même les mains de celui qui écrit sont, dit-il, « les mains d’un poète qui m’usurpe ».
Alors tout est perdu ?
Un espoir surgit au cœur même du livre. A travers la parole.
La parole qui est femme. Comme la poésie. Comme la terre. Comme la mère. Renversement subtil. Puisqu’écrire est possible rien n’est tout à fait perdu. On peut apprendre de la perte. Leonel appelle ce chemin d’écriture « une pédagogie de la douleur ».
Chant des inséparablesAnne BurgerEditions Samizdatoctobre 2016Editions SamizdatCe livre est né de la rencontre d’une jumelle avec une éditrice qui l’est aussi. Oui, je crois que je peux le dire ainsi.
Les éditrices sont des sages-femmes.
Pendant des années Anne Burger m’a envoyé des manuscrits. Ecrire, c’est chez elle une faim, un besoin vital :
« … jour après jour (…) je remplissais des pages et des pages de nature et de ciels ».

Les nouvelles et les poèmes, proposés à un éditeur français, sont devenus trois livres plus épais, plus beaux peut-être, plus lisses que celui-ci.
Mais c’est autre chose que je sentais bouger dans le ventre d’Anne Burger. C’est autre chose que je voulais pour nous, les éditrices jumelles.
Comment cela s’est-il passé ?
Un texte avant-coureur a-t-il surgi un jour au milieu de la célébration des saisons et des éléments, du bruissement des arbres et des secrets dérobés aux galets de la grève ?
J’ai osé risquer le mot « gémellité ». Une commande ? Presque. Au début de l’année les poèmes sont arrivés.
Drus. Crus. Heurtés. Tendres et brûlants. Singuliers.

Et j’ai reconnu l’enfant que j’avais pressenti. Si familier déjà. Les éditrices sont des sages-femmes.

Denise Mützenberg
Sur le Chemin Robert FredEditions Slatkine03 octobre 2016Editions Slatkine"Sur le Chemin" est un parcours en poésie illustré par Frédéric Naef. Ici Robert Fred livre ses vues et revient sur un chemin de vie, une fenêtre, où apparaît le poète. Écrit en vers libre, l’ouvrage aborde un voyage qui laisse le corps à son poids naturel et convie l’âme à la rêverie, au défrichage, à l’exploration et à la création.
"Poète" est suivi d’"Errances", une invitation, une promenade
au hasard du regard qui explore une vision du monde.
Elle y est encore ingénue, comme sortie de l’ombre, et
pourtant palpable. Sentiment d’un élan qui se livre à la
mer avec l’espoir d’y trouver un monde nouveau.
Le pli de l'éléphantPatrice MugnyEditions des Sables2016Editions des SablesCourts poèmes qui expriment, par une observation aiguë, les sentiments, la vie quotidienne, l’ordinaire et l’extraordinaire, les moments où les choses peuvent basculer, avec quelques touches de nostalgie. Recueil richement illustré par les photos de Dario Buchs.
Sous la craie du cielPhilippe ConstantinEditions des Sables2016Editions des SablesPoèmes qui expriment la Grèce, la mer, les oiseaux, les îles, les bateaux qui les relient, l’amour, les enfants, la maison-refuge, la parole.
Célébration de la pomme de terreJean FollainHeros-Limiteoctobre 2016Editions Heros-LimiteLa Célébration de la pomme de terre (…) n’est pas le texte anodin qu’il paraît : ces pages (…) dessinent en creux le portrait d’un homme, de sa vie intérieure, de ses goûts, de ses amitiés, et nous parlent de la curiosité éclectique d’un auteur qui s’amusa à recenser l’argot des séminaristes, à brosser la vie de Napoléon (dans le même siècle et aux antipodes, celle de saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars), ainsi qu’à rédiger d’innombrables et byzantins petits textes consacrés au timbre, au chapeau haut de forme, au procès faits aux animaux, aux rues de Paris, à la poésie du droit, aux rites compagonniques, aux vœux de nouvel an, à l’usage du passé simple ou encore à la gloire du vin. Derrière l’humour et la fantaisie se tient une constante et poétique attention aux plus infimes détails du monde qui l’entoure, et un désir farouche de conserver tous les visages du vivant. La "Célébration", petite encyclopédie portative du tubercule, participe à la fois de l’hagiographie et de l’« inventaire », titre d’un des premiers recueils de Follain et projet de toute une vie.
In memoriam: 1933Charles ReznikoffHeros-Limiteseptembre 2016Edition Heros-LimiteÉcrit en 1933, alors qu’en Allemagne le national-socialisme prend de plus en plus d’ampleur, In Memoriam : 1933 est un cycle de sept poèmes de style récitatif, essentiellement déclamatoire, qui s’appliquent à retracer les désastres successifs auxquels les Juifs furent confrontés au cours de leur longue histoire : la chute de Samarie (an 722 avant l’ère commune), l’exil à Babylone (539 AEC), le synode de Jamnia succédant à la destruction du Second Temple de Jérusalem (an 70), les persécutions endurées à l’occasion de la première croisade (1096), l’expulsion des Juifs d’Espagne (1492), les massacres perpétrés par les cosaques vers l’an 1700 et enfin la fureur des pogromes en Russie autour de 1905.
Loin pourtant de se cantonner à quelque martyrologie, Charles Reznikoff, revisite pour nous, au sein même de la terreur semée par autant de déchaînements haineux, la somme des voix acharnées à extraire du malheur les raisons de ne jamais désespérer.
In memoriam : 1933 emprunte aussi bien aux prophètes de l’ancien Testament qu’à l’historien, talmudiste et kabbaliste ruthène du dix-septième siècle Nathan Nata Hannover – l’auteur du Fond le l’abîme –, et peut aussi se lire comme un étourdissant et inspirant traité consacré au bon usage du désastre.
Déroge à la lumièreJean-Pierre VallottonLa Porteseptembre 2016Neuf poèmes inédits pour cette ravissante plaquette tirée à 200 exemplaires numérotés à la main: "Sur 3 dessins de Lucy Vines" et "In memoriam Annick de K*".
A commander à l'éditeur:
Yves Perrine
215, rue Moïse Bodhuin
02000 LAON
France
Barbe à Dada DeuxDürvozzLe Miel de l'Ours20 septembre 2016Le Miel de l'OursEn février 2016, pour le 100e anniversaire Dada, parait aux éd. Le Miel de l'Ours l'anthologie "Barbe à Dada". Le recueil regroupe des textes disparates, fantaisistes ou engagés,
de poètes tout aussi improbables…
Pour fêter cette parution, une messe poético-dadaïste, a eu lieu aux Bains des Pâquis. Joyeuse humeur dadaïste et émotion sans séquelles. Les sagas, les séries sortent du cadre, elles ne sont plus l'apanage des seuls scénaristes ou romanciers. La poésie en assimile les codes.
Septembre 2016 : Le Miel de l'Ours publie ainsi la suite de la saga "Barbe à Dada" : Barbe à Dada 2, coécrit par le duo Dürvozz.
Le Paradis et le DésertBenjamin MerceratEditions de l'Aire15 septembre 2016Editions de l'AireL’univers poétique de Chappaz, c’est d’abord une ambiance où sont magnifiés la vie et l’amour. Les mots sont frais comme l’herbe sauvage perlée par la rosée du matin. Cette quête continue d’innocence a un sens et c’est ce que Benjamin Mercerat a essayé de décrypter, alliant la rigueur à l’empathie.
Comme le relève Gustave Roud dans la riche correspondance qu’il entretient avec le poète valaisan, les expressions poétiques de Chappaz sont le fruit d’une expérience intérieure. Benjamin Mercerat propose une lecture subtile des principaux poèmes de Chappaz, remontant à leur source spirituelle.
« Je suis le témoin seulement d’une province qui m’exalte ou qui m’asphyxie. Parfois je pense : les autres ? c’est la prose. Mais je m’interroge sur ce qu’est l’absolu ou la vérité à l’intérieur de nous-mêmes. » (Maurice Chappaz)
Sous dialysesCharline LambertL'Age d'Hommeaoût 2016Editions l'Age d'Homme« Elle divague, ivre, elle s'épuise, elle se multiplie en vagues, en houles, en geysers, s'élève à la millième puissance jusqu'à devenir cette équation fluviale où toutes les eaux se tressent et courent vers la mer. » Charline Lambert est née en 1989 en Belgique. Après Chanvre et lierre (éditions Le Taillis Pré), Sous dialyses est son second recueil poétique.
Au rendez-vous des absentsJean-Pierre VallottonL'Harmattantjuillet 2016L'HarmattanComme avant lui Baudelaire, Michaux ou Max Jacob, Jean-Pierre Vallotton a choisi le poème en prose pour cerner l'existence dans tout ce qu'elle comporte d'incongru, d'insaisissable, de dérisoire et parfois de merveilleux. Ce sont autant d'apologues kafkaïens, de fables grinçantes, de visions oniriques, aux tonalités variées, frappés au coin d'un style original et émaillés d'images toujours surprenantes, qui offrent au lecteur en ces cent vingt textes brefs.
Ainsi du "Dernier des hommes" ( titre de l’un des poèmes) : alors que le monde est en train de se désagréger, « lui, d’un doigt trempé dans sa blessure, patiemment s’appliquait à tracer sur la paroi de schiste les mots indispensables d’un nouveau poème. »
Revue des études italiennes, n° 61ContributionL'Age d'Homme31 juillet 2016Editions L'Age d'HommeDino Campana cent ans après les "Chants orphiques" (1914-2014)
Poésies complètes (cinq volumes)Pierre-Louis Matthey

(éd. Marion Graf et José-Flore Tappy)
Editions Empreintesjuin 2016Editions EmpreintesLe poète Pierre-Louis Matthey (1893-1970) laisse une oeuvre sans précédent en Suisse romande, tant par sa fougue que par son sens du jeu et du détournement. Au contraire de ses pairs Edmond-Henri Crisinel et Gustave Roud, qui ont porté la prose poétique à son accomplissement, il explore avec une virtuosité croissante le pouvoir expressif du vers, tour à tour sonore, théâtral et narratif. Traducteur de Shakespeare et des poètes anglais, il mêle, en une alchimie qui se renouvellera de livre en livre, la plus haute rhétorique à la sensualité païenne des thèmes autobiographiques et mythologiques.
Poète intransigeant et absolu, Matthey exercera un grand ascendant sur la génération suivante, celle de Jean Pache et Jacques Chessex, Maurice Chappaz et Philippe Jaccottet. La présente édition en cinq volumes donne à redécouvrir cette aventure poétique hors du commun.

Edition critique établie par Marion Graf et José-Flore Tappy
Produits dérivés, reverdies combinatoiresIsabelle SbrissaLe Miel de l'Ours09 juin 2016Le Miel de l'OursDans ce nouveau livre qui mêle poèmes et dessins Isabelle Sbrissa a transformé des textes de technique financière grâce à l'outil de l'anagramme. Une opération de langue qui, bien sûr, est une mise en mouvement du réel.
Vente silencieuseMarius Daniel PopescuBSN Press03 juin 2016 BSN Press
Lettre de motivationVincent YersinBSN Press03 juin 2016 BSN Press
Les Chemins à l'enversLaurent KoutaïssoffEditions Slatkine23 mai 2016SlatkineLes Chemins à l’envers
"Les collines offrent leurs secrets intimes lorsqu’un
vent froid cisèle leur profil.
Le combat s’engage sous le pertuis mais les arbres, en
gris de moraine, refusent tout langage et nouent leurs
racines en danseuses de nuit.
Il me manque ces mots d’ardoise, friables et
tranchants. Et je trouverai ces chemins à l’envers que
je trace d’un doigt en suivant les caprices de l’écorce.
Jusqu’au prochain matin de suie."
Rue des Gares et autres lieux rêvésClaude TabariniHeros-Limitemi mai 2016Heros-LimiteLes petites proses rassemblées dans Rue des gares et autres lieux rêvés témoignent des promenades émerveillées ou hallucinées d’un habitant du quartier de Montbrillant dans Genève  ; elles sont les récits d’un admirateur, sorte de curieux touriste, perdu dans les méandres de la vieille ville et sur les chemins aux abords du canton. On retrouve des personnages qui habitent ou traversent ces lieux, et des portraits où amis et connaissances anciennes, fantomatiques et bienveillants, ressurgissent aux détours de la mémoire.
Portraits contemporains (1960-2105)Marie TerminiEditions des Sablesavril 2016Editions des SablesPoèmes rimés de Marie Termini qui évoquent l’émigration, le monde des affaires, la société, l’amour, le langage.
Menstrues (+Retard, dry day)Linda SpeerEditions des Sablesavril 2016Editions des SablesPoèmes de Linda Speer pour dire l’expérience d’une femme : la difficulté de composer avec le quotidien, la quête d’un sens, la volonté d’écrire. L’auteure teste les limites de l’identité féminine.
Les bois de veloursDenise MützenbergLe Miel de l'Oursavril 2016Le Miel de l'Ours
Récupération du sommeilDavid LespiauHeros-Limiteavril 2016Heros-LimiteRécupération du sommeil est un livre de poésie, en vers, qui mêle des motifs volontairement prosaïques: notes d’observation, micro-narrations, micro-fictions, figures de la culture populaire, bribes de journal… – le tout déplacé et remonté par la travail d’écriture. Ce travail se rapproche de celui de la pensée quand elle expérimente librement de nouvelles connexions, de nouveaux gestes, mouvements…; dans le travail du rêve, notamment, mais aussi dans le travail de la pensée saturée – saturation qui viendrait de la fatigue mentale, d’un contexte extrêmement dense, et également de tout ce que le corps – sexué et mortel – envoie comme informations multiples, en surimpression. Dès lors, chaque vers – vu ici comme formalisation textuelle de moments mentaux – devient presque une tentative de mouvement fin, parfois étrange, pour s’en sortir…
RésistanceVictor SergeHeros-Limiteavril 2016Heros-LimiteLes poèmes réunis sous le titre de «Résistance» ont été écrits en 1933 à Orenbourg dans l’Oural, où Victor Serge se trouvait en exil. Témoignant des conflits politiques et culturels de la première moitié du 20e siècle, ces textes sont un éloge à ses proches amis et camarades, et rendent compte de la vie des exilés dans les steppes. Voix des sans-voix, des humiliés, des offensés, des hérétiques, ils appellent à la résistance permanente ainsi qu’au refus de l’oubli.
Chacun son cheminCharles ReznikoffHeros-Limiteavril 2016Heros-LimiteEn 1936, lorsque paraît son recueil de poèmes Separate Way (Chacun son chemin), Charles Reznikoff a 42 ans. Contrairement à ses ouvrages antérieurs, publiés souvent à compte d’auteur, ce cycle sort chez Objectivist Press, maison fondée en 1932 par les poètes objectivistes George Oppen, Louis Zukofsky, William Carlos Williams – et Reznikoff lui-même.

A première vue, le cycle se présente – tant au plan formel qu’au niveau thématique – comme un ensemble hétéroclite: et pourtant, ce cycle recèle une indéniable cohérence dictée par l’époque, qui pousse Reznikoff à passer des malheurs existentiels du citoyen aux effets de la crise mondiale de 1929, puis aux menaces planant sur la communauté juive à laquelle il appartient. Ainsi passe-t-on du particulier à l’universel… en ce mince volume d’un poète discret et exigeant.
En noir et blancEliane VernayEditions Samizdatavril 2016Editions SamizdatIl y a huit ans, les éditions Samizdat publiaient A peine un souffle sur l’écorce d’Eliane Vernay, un recueil dont Claire Krähenbühl écrivait : « C’est dans le silence qu’Eliane, musicienne, prend racine ».

Il est toujours présent ici, mais ce n’est plus le silence qui fait respirer la musique, c’est celui, brutal, implacable, strident même, du père qui ne répond plus. De la mort. De l’absence à jamais. Qui terrasse non seulement la fille mais aussi la poète privée de tout repère : « Comment distinguer le blé du seigle (…) maintenant que tu n’es plus ? /Comment avancer/ encore ? »

C’est autour de ce Requiem en noir et blanc (deuil et neige) que s’articule l’ensemble de cet émouvant recueil où la poésie, secrète et têtue, résiste.
Des œuvres d’Annie Fayolle Dietl, où l’ambre et le feu se mêlent au noir et blanc, dialoguent somptueusement avec les poèmes d’Eliane Vernay.
Ordre de marcheEric DuvoisinEditions Samizdatavril 2016Editions Samizdat"Ordre de marche" s’organise en quatre parties, chacune explorant un espace social particulier, souvent en marge de la vie publique : le cimetière, les jardins urbains, la caserne, ou encore l’abattoir.

L’écriture – en prose ou en vers – tente d’exprimer les tensions et les mémoires de ces lieux, en y associant aussi souvenirs et expériences de l’auteur. Ce qui interpelle dans de tels espaces, c’est le potentiel d’ambiguïté, de non-dit qu’ils cachent, et donc d’imaginaire...
Aux poèmes alors de faire ressentir au lecteur des atmosphères, des tonalités affectives qui oscillent entre malaise et amusement. Les mots pour cela sont traités comme une matière verbale, et il y a un plaisir du jeu avec les rythmes et le sens.

Le motif de la marche est lié à l’errance, contemplative, existentielle mais aussi économique et politique : l’émigration est un fil rouge qui traverse le recueil. Dans le premier texte, Résidences secondaires, le lecteur est ainsi invité à se balader dans des jardins urbains, lieu multiculturel de mixité sociale. Dans le second texte, Le grand corps, c’est l’obligation de servir dans l’armée, de se mettre au pas, d’obéir, qui est questionnée . Dans Bouche bée, le troisième texte, ce sont les animaux, les flux continuels de viande et notre rapport au corps et à la langue, qui sont abordés. Enfin, Black Belize clôt le recueil en évoquant la consommation de paysages touristiques : qu’est-ce qu’il reste de l’ailleurs à l’heure de la globalisation ? Qu’est-ce qui nous mobilise sans cesse ?

Au final, on peut parler d’une ethnographie poétique, qui appelle le lecteur à se mettre lui-même en marche, entre étonnement critique et plaisir du travail sur la langue.
Au temps de l'amour inquietGilles F. JobinEditions SamizdatDébut avril 2016Editions Samizdat"Les mots ne nous parlent qu’à mots couverts" écrit Gilles F. Jobin* qui aime jouer avec eux. Plus que de raison ? Il ne faut pas s’y tromper : sous leur couverture bien tirée les mots nous chuchotent des choses moins obscures qu’il n’y paraît.
Il suffit de dresser l’oreille. Derrière l’obsession de la forme et les vertiges de la langue, comme un précipité de sens. Mais déjà Gilles F. Jobin nous prend par cette oreille. Il joue et déjoue. Il nous entourloupe.
Pris au jeu, on voudrait voir comment c’est fait. Par quels tours de passe-passe nous sommes entraînés. A travers des phrases faussement lisses qui nous rendront voyeurs déçus ? Mondes interlopes, chambres secrètes où végètent, se débrouillent et tentent d’aimer les paumés de la terre. Sous la froideur feinte du constat filtre une compassion pudique ; peut-être même cet amour inquiet que le titre évoque mystérieusement ?
Plans de cinéma, instantanés jaunis, amorces de romans et coupures de presse déclinent avec laconisme les désastres intimes ou planétaires, les sourdes menaces, les faits divers banalement quotidiens. Il est mort dimanche. Douze lignes dans le journal.
Si Au temps de l’amour inquiet suggère une époque (lointaine, réelle ou fantasmée), l’auteur use avec malice d’un autre temps, celui de la grammaire qu’il bouscule (à dessein) pour mieux nous égarer entre imparfait, passé simple et présent, donnant aux textes une troublante profondeur. Où le lecteur aimera se pencher pour boire.
*TAKOTAK, BA Editions 2015
Un arbre chanteVahé GodelEditions de l'Aireavril 2016Les Editions de l'AireUn poème est tout ensemble un corps étranger, un nid de résistance, un lieu de perdition... S’il dit l’amour, la souffrance, la volupté, la mort... c’est en ce sens que les mots eux-mêmes y font l’amour, y subissent maints tourments plus ou moins délicieux, y luttent contre la mort... Il ne commente rien: il fomente.
Je ne cesse d’osciller entre la peur du Vide et l’appel du Rien... mais d’autre part je vise le Plein, j’embrasse le Tout (et certes, qui trop vite embrasse...): c’est le Jeu du Tout et du Rien, du Plein et du Vide – «ce jeu insensé d’écrire» (Mallarmé)... curieux mélange d’échecs et de roulette russe. Tout s’y joue au centre... hors de quoi, il (n’)y a Rien (cendre).
La beauté comme une trêveLaurence VerreyEditions de l'Aire15 avril 2016Chacune des six proses de ce recueil explore un univers différent, mais chacune à sa manière interroge l'acte d'écrire et le langage. Au travers des paysages intérieurs, des lettres de l'alphabet, du monde nocturne des rêves et des révélations, des manifestations du blanc, s'ouvre une méditation sur la beauté. Cette force fragile et éphémère est capable de tenir tête au désespoir lié à l'histoire fracassée des hommes. Il y a "danger de vie, Lebensgefahr ". De la beauté " souffle un vent de fronde, de liberté, qui interdit de plier l'échine et de se résigner ". A cette affirmation désillusionnée qui nous parvient, du fond des âges, de Qoéléth, mieux connu sous le nom d'Ecclésiaste : " Tous les mots sont usés, on ne peut plus les dire ", Laurence Verrey oppose une parole poétique toujours jeune, qui tel un pavot rebelle, résiste.
Nouvelles fausses notesFrançois DebluëL'Age d'homme2 avril 2016L'Age d'hommeAu cœur de ces « Nouvelles fausses notes », nous retrouvons l'écriture acérée de François Debluë qui évoque l'amour, celui des êtres et celui des lieux parcourus. La curiosité amusée du poète-écrivain est à l'affût. Il observe et s'interroge, s'émeut, s'indigne ou s'émerveille. Ses impressions d'une rare acuité sur le désordre universel se dévoilent par fragments, au fil d'un cheminement intellectuel et émotionnel qui interpelle le lecteur avec humour. Une vision du monde qui nous invite à la contemplation et nous interroge sur notre propre perception de l'existence.
CrevuresStéphane MontavonLes Editions d'Autre Partfin mars 2016Les Editions d'Autre PartRessassement des dérives adolescentes, les mots disent l’enlisement mais aussi l’attachement à un coin du pays, le Jura. L’auteur y écrit alors des poèmes abscons qu’il revisite vingt ans plus tard pour en extraire un suc corrosif et une réplique diablement originale!
OrphelineClaire GenouxBernard Campiche Editeurfin mars 2016Bernard Campiche EditeurQuel monde se découvre dans l’infini d’une mère, quel vertige résonne dans son temps déchiré... C’est avril quand elle s’en va, et la voix des poèmes de Claire Genoux épelle le nom de l’absente, le prononce dans l’affection de ses jours, aux heures de la maison, aux pas de l’après-midi et du jardin, elle le dit dans l’aura des choses qui parlent d’elle, cette voix plus tard dans l’air de la nuit.

Raconte encore
qui j’ai été
l’histoire du prénom
les premières phrases
les chutes dans les fleurs
et l’anniversaire des huit ans dis encore
comme une terre douce
le vieux cœur du vent dans les sapins d’enfance
et pourquoi la mort

Quel dialogue ici se poursuit, dans l’intense cheminement de ces pages, où les mots serrent de mémoire l’être perdu, donnent un visage à son temps et vers plus loin : une parole tracée dans le don des jours.
Vite, avant qu'ils disparaissentLaurent CennamoLe miel de l'oursmars 2016Le miel de l'ours
Dans la lumière sourde de ce jardinPierre ChappuisEditions Cortimars 2016Editions Corti"L’aspect lacunaire des poèmes de Pierre Chappuis, avec leurs phrases incomplètes souvent interrompues par des blancs spectaculaires, ne doit pas être interprété comme le signe d’un manque ou d’une déficience, mais plutôt comme le ressort d’une paradoxale plénitude. Les marges de ces poèmes sont pleines de ce qu’elles ne disent pas mais donnent à entendre. Du paysage, ils suggèrent d’autant plus qu’ils décrivent moins, comme l’horizon laisse au rêve et au désir une marge inépuisable, dans la mesure où il dérobe toujours quelque chose au regard.”
Michel Collot, Paysage et poésie
Des voix dans l'autre languePierre VoélinLa Doganamars 2016LA DoganaCe recueil est le troisième texte de Pierre Voélin publié à La Dogana, après Les Bois calmés et La lumière et d’autre pas. Le poète construit son livre à partir de deux poèmes essentiels qui sont dédiés, le premier à Ossip Mandelstam et le second, à sa femme Nadejda, figures de la mémoire qui constitue le nerf du poème, et l’irrigue. Autour de ce noyau central, Voélin déplie sa méditation en rendant hommage à des lectures empruntées aux poètes et poétesses qui, proches ou lointains, ont forgé sa propre langue. Depuis qu’il écrit, ce poète s’interroge avec gravité sur le pouvoir des mots à la suite des exterminations de la Shoah, des goulags, des massacres génocidaires qui ont tristement illustré le siècle où il est né. Cet homme blessé a le courage de garder les yeux ouverts sur toutes les violences, particulièrement sur celles qui se servent et abusent de la langue, propos négationnistes, chants illusoires, lâchetés de toutes sortes. Tout en scrutant et dénonçant la force destructrice du mensonge, il s’efforce de ménager dans ses vers un « passage » pour ses lecteurs, une voie possible où croire et louer seraient, face à de simples et fugaces innocences, encore légitimes. Et s’il est poète, Pierre Voélin est aussi un polémiste qui s’attaque à tous les mensonges d’état et à la vaste désinformation qui leur fait cortège dans la presse. Récemment encore, il a dénoncé avec force l’implication de la France dans le génocide tutsi. Né en Franche-Comté, il a passé son enfance au-delà de la frontière, à Porrentruy, puis s’est fixé en Suisse où il a enseigné la littérature à Fribourg.
Si près des étoiles Saint-PétersbourgDanielle RisseEditions de l'Airemars 2016Les Editions de l'AireNous sommes bien à Saint-Pétersbourg où Danielle Risse a choisi de mêler sa voix à celle, toujours aussi mystérieuse, de l’âme russe. Dans son nouveau recueil, elle nous invite à un voyage où son regard multiplie les approches tour à tour colorées, insolites, familières, secrètes, nostalgiques, mais surtout intimistes de l’inoubliable cité des Tsars. Elle en chante bien sûr les lieux emblématiques, en évoque les fi gures qui ont marqué ses temps glorieux : des Romanov à Gogol, Pouchkine, Dostoïevski. Par touches délicates et discrètes, sa poésie nous dévoile pas à pas la ville tout entière qui ressuscite au fi l de ses vers : nous déambulons à l’ombre de ses canaux, sous l’or de ses palais et la féerie de ses nuits blanches. Sans oublier le bruit encore présent de ses fastes et les échos profonds de ce monde fascinant qui respire intact dans l’éclairage de ses aubes, de ses places gorgées de rêves. La plume de Danielle Risse est fi ne, légère, transparente. Sa poésie est simple, ponctuée de vers libres dont les espaces et les renvois contribuent à créer un rythme où les silences ont toute leur place et nous laissent le temps de goûter ses effets comme on déguste un vin capiteux qui prolonge la trace de ses vertus. François Gachoud, écrivain
Hommes sous hommes. Ecrits de la Palestine occupéeYves BergerSamizdatmars 2016SamizdatD’une voix nue, parfois à peine tremblée, comme le trait de ses dessins, Yves Berger esquisse le portrait d’un pays qui résiste désespérément :

“Il y a une silhouette en contre-jour
debout sur le seuil entre l’ici et la mort”
*
“Une main polie par les années
va et vient sur le temps perdu”
*
“Des enfants sont chaque soir
les leaders aux pieds fragiles
d’une révolution qui s’endort
dans des bras trop petits”
Tu là-hautSybille MonneySamizdatmars 2016SamizdatLa poésie de Sibylle Monney évolue sur une mince ligne de crête – là, elle évite miraculeusement tous les pièges.
À la question: comment témoigner à la fois des possibilités du langage, de ses prestiges, sans pour autant éluder son évidente précarité (qui est également la nôtre), le poète répond en quelque sorte obliquement.

Par un travail lexical d’abord, l’étonnante juxtaposition du plus pesant, menaçant, « réel » (chasse-neige, grue aux poutres jaunes, silo à béton, tronçonneuse, scintillantes constellations) et du plus doux, du plus enfantin (biches, bûches, faons, sans oublier ces oeufs de Pâques comme une autre constellation à ras de terre). Un travail syntaxique radical ensuite, à la fois dislocation du langage commun et mystérieux remembrement de celui-ci à travers et au-delà du fragment (la manifestation peut-être la plus spectaculaire de ce double phénomène étant l’effacement dans ce nouveau recueil de toute marque de ponctuation, qui accroît au maximum la tension entre les mots, les segments de phrases). Le langage une fois porté à ce degré d’ébullition, parler de l’enfance
sans ombre de nostalgie est possible ; et témoigner du mystère poignant de l’existence (sans tomber dans l’obscurité), évoquer
une terre (le Valais) en évitant tous les clichés paysagistes ou régionalistes. À partir de là, la poésie de Sibylle Monney peut s’élancer, plonger profondément en nous…
De l'acide citronnier de la luneAnna JouyEd Alcyonefévrier 2016Mots sous l'aubeJournal poétique
La quête continuePierre-Alain TâcheEditions de la revue Conférence14.02.2016Il s'agit d'un recueil de poèmes en prose avec des dessins de Martine Clerc.
Barbe à DadaCollectifLe Miel de l'oursFévrier 2016Le Miel de l'oursCollectif Dada publié pour le centenaire.. contient des textes de fond & forme très divers (du calligramme au poème bruitiste), écrits par auteurs d'origine et de fortune très divers.
Frêle hébétude des tilleulsAthanase Vantchev de ThracyL'Age d'homme28 janvier 2016L'Age d'hommeAthanase Vantchev de Thracy a écrit plus de soixante recueils de poésies (en vers classiques et en vers libres) couvrant presque tous les spectres de la prosodie. Traducteur d'une pléiade de poètes, il est également, entre autres titres prestigieux, lauréat de l'Académie française, membre de l'Académie bulgare des Sciences et des Arts, de l'Académie des Lettres du Brésil, de l'Académie de l'Éducation supérieure d'Ukraine, de l'Académie européenne des Sciences, des Arts et des Lettres. Ses poésies sont traduites en plusieurs langues.
Des voix dans l'autre languePierre VoélinLa DoganaJanvier 2016Le dernier recueil de Pierre Voélin est sorti à La Dogana en début d'année.
Ni Thym ni marjolaine, sonnetsGiovanni Orelli, trad. Christian ViredazEmpreintes, Poche poésie 25Janvier 2016EmpreintesNé en 1928 à Bedretto, au Tessin, Giovanni Orelli est une des grandes voix suisses de langue italienne. Connu pour ses romans et ses positions politiques, il a également déployé une poésie sensible et exigeante. Il a reçu le Grand Prix Schiller en 2012 pour l’ensemble de son œuvre.

Ici, la poésie rencontre la forme la plus célèbre de la tradition poétique italienne (et pas seulement italienne) : le sonnet. Il s’agit donc — sans tenir compte de la longueur des vers, qui est libre — d’un recueil de sonnets, soixante en tout, dont la nature est expliquée par l’auteur dans les notes :

« La plupart de ces “sonnets hétéroclites” sont nés tels des variations suscitées par des lectures : des pages ou des phrases qui se sont détachées de mes lectures. »



Yari Bernasconi (extrait de la préface)
Le corps inhabitable suivi de Ici-haut et de PrécédemmentJean-Pierre VallottonEmpreintes, Poche poésie 26Janvier 2016EmpreintesNé en 1955 à Genève, Jean-Pierre Vallotton est une voix originale qui associe des mondes hantés par les rêves, non sans tourments, à une forme poétique parfois ludique, toujours mouvante. Il a été le lauréat du prix Louise Labé en 1998.

Une des richesses incontestables de l’écriture de Vallotton tient à une conscience nette et à une mobilisation souple des ressources formelles qui s’offrent à la plume du poète. D’un poème à l’autre se trouvent mis à l’épreuve, sans esprit de système, des traitements variés de plusieurs paramètres de l’écriture poétique.

Christophe Impériali (extrait de la préface)
Drôles de ValentinesNathalie KobleHeros-Limitedébut 2016Editions Heros-LimiteLa tradition poétique de la Saint-Valentin du Moyen Age à aujourd’hui, anthologie bilingue.

La tradition poétique de la Saint-Valentin est d’origine courtoise. Née au XIVe siècle en temps de guerre, en Angleterre puis en France, elle est d’emblée bilingue : sous la plume de Chaucer, John Gower, Christine d’Orléans ou Christine de Pizan, elle transpose dans la langue poétique le désir et la difficulté de l’échange, souvent avec impertinence. La circonstance amoureuse fait de l’activité poétique le lien qui soude une communauté où chaque voix s’exerce à la variation, thématique et formelle, pour dire, dans les formes du temps, « je t’aime… », ou bien « … moi non plus ».

Cette « formule valentine », associée au rituel du calendrier et à la fête collective, a eu de beaux jours devant elle : en Angleterre, plus discrètement en France, chez les poètes américains les plus novateurs, la Saint-Valentin nourrit une tradition poétique à la mémoire discontinue, qui traverse les époques, les continents et les styles. La présente anthologie met au jour cette tradition dans ses deux langues de naissance, pour en souligner les lignes de force, des origines à aujourd’hui.

La traduction des textes, anciens et contemporains (pour la plupart inédits) s’efforce de mettre en valeur les expériences formelles et les énigmes qui sont en jeu dans ces valentines, pour en saisir l’art de la circonstance et le trait d’esprit.

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